Pour ne pas se tromper 2 fois !

Pour ne pas se tromper 2 fois !

Alors que Le Monde publiait ce vendredi 15 une étude immédiatement mise en doute par nombre de français pour ses conclusions sur l’innocuité de l’élection municipale comme vecteur du COVID19, revenons sur la décision de maintenir le 1er tour en mars dernier.

L’exemple du report d’un an des élections municipales en 2008 au cœur de la crise financière a montré que cette alternative aurait eu tout son sens en 2020, a fortiori quand on entend  aujourd’hui les débats entre le Gouvernement et les élus sur un sujet qui depuis plusieurs semaines est vraiment le dernier souci des français.

La voie du report en 2021 aurait certainement été moins catastrophique que l’impasse dans laquelle le Gouvernement s’est lancé en maintenant le 1er tour, sachant qu’il devait forcément avoir imaginé que l’aggravation de la situation sanitaire pouvait l’obliger à suspendre la campagne entre les 2 tours. Le pari a manifestement été de se dire que cela « passerait » et qu’il pourrait confiner le pays dès le 22 mars au soir du 2eme tour.

Depuis, le Gouvernement a prévu de s’appuyer sur le rapport du Conseil Scientifique rendu ce mardi 19 mai pour trancher sur la suite à donner à ce scrutin.

La question qui compte aujourd’hui étant de ne pas se tromper une deuxième fois, je vous propose de nous interroger sur l’option la plus raisonnable pour les français.

Evoquons d’abord la question de la décision politique : celle-ci ne peut se réduire à la position d’experts. Quelles que soient leurs qualifications ils expriment une position sur une question, alors que la décision politique doit prendre en compte de multiples facteurs : sanitaires mais aussi économiques, sociaux, psychologiques …  sans oublier évidemment les non-dits politiques.

De ce point de vue, la perspective d’un deuxième tour en Juin, alors que l’état d’urgence sanitaire est prolongé jusqu’au 10 juillet, apparaît comme un contre sens démocratique : la France comme de nombreux pays sera plongée dans les plus grandes incertitudes économiques et sociales, un scrutin dans cette période serait déserté, rendant la légitimité des nouveaux élus contestable pour les 6 ans à venir.

La 2eme option, en septembre/octobre, impose pour des raisons liées à la jurisprudence de recommencer les 2 tours de l’élection pour les 5000 communes où les conseils municipaux n’ont pas été élus le 15 mars. Il est plus que probable que la situation à la rentrée ne sera pas plus propice pour une nouvelle campagne. Nous serons alors dans une période critique d’un point de vue économique, social et sur le plan sanitaire la perspective d’un vaccin à cette date est  illusoire. Autre inconvénient de ce scénario, les équipes dont le mandat aura été prolongé et qui pourraient contribuer d’un point de vue économique à la relance du pays n’auront pas le temps matériel de lancer des projets pendant l’été.

C’est donc le scenario d’un report en mars 2021 qui réunit le plus d’atouts au-delà des intérêts  politiciens des uns et des autres. En effet, il donne le temps au pays de se concentrer sur ses urgences vitales (sanitaires, économiques, sociales), il permet de débloquer un certain nombre de projets locaux utiles pour l’économie et il rend ce rendez-vous démocratique acceptable dans l’opinion publique.

Dans les périodes de crise les dirigeants qui marquent de leur empreinte leur mandat ne se trompent jamais de priorité !